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Deuxième partie : La chute


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Sous l’influence des courants d’idées matérialistes modernes, le monde d’aujourd’hui a rejeté les valeurs traditionnelles. Ainsi, les principes de la morale et de la religion sont apparus comme les préjugés d’une époque ou d’une culture, la notion religieuse de péché comme un « tabou culpabilisant générateur de névroses », la croyance en bien et en mal comme un crime contre la liberté de l’esprit. Niant systématiquement, sous couvert de modernisme, toute direction morale ou spirituelle, le monde d’aujourd’hui a frustré la soif d’absolu des êtres humains et introduit dans leur conscience une grande confusion.

C’est à ce point que le message du Principe divin survient de manière providentielle. Par la claire vision de l’idéal de Dieu qu’il donne, le Principe divin est en mesure de procurer au monde actuel la direction intérieure qui lui fait défaut. Comme nous l’avons vu précédemment, Dieu, à l’origine, a orienté Sa création dans le sens de l’amour, de l’unité et du don. C’est cette direction conforme à l’idéal originel de Dieu que le Principe divin détermine comme la direction du « bien ».

L’être humain tel qu’il fut créé par Dieu doit naturellement suivre le chemin du bien. Tout acte inspiré par le bien lui cause un sentiment de joie et de plénitude, car il est en accord avec sa nature originelle. Par contre, la pratique du mal, même si elle lui procure un plaisir éphémère, ferme son cœur et le rend insensible à la joie spirituelle. Cette loi morale universelle a été pressentie par tous les grands fondateurs religieux. Moïse, Jésus, le prophète Muhammad, Bouddha et Confucius ont tous enseigné que la pratique du bien menait à la paix intérieure ou au salut spirituel.

Toutefois, contrairement à notre attente, le monde ne s’est pas construit dans le sens défini par Dieu. La plupart des principes qui guident la vie de l’être humain sont fondés, non pas sur la loi universelle d’ouverture à Dieu et aux autres, mais sur la recherche de ses propres intérêts. Chacun restant centré sur son propre point de vue, tout échange humain vital se fit impossible et la société devint une simple juxtaposition d’individus et de groupes prêts à s’entre-dévorer. Dès lors, l’histoire humaine, à l’encontre de l’idéal de Dieu, fut marquée par le mal et la souffrance. C’est la question du mal et de la souffrance que nous nous attacherons ici à résoudre.

 

La question du mal


 Comme le décrivit saint Paul, une force mystérieuse opère en l’être humain un travail destructeur considérable : « Je me complais aux tréfonds de moi-même dans la loi de Dieu, mais je ressens une autre loi dans mes membres en conflit avec la loi de mon esprit, qui me rend captif de la loi du péché. » (Rm 7.22-25). De la même manière, beaucoup d’êtres humains, qui ne sont pas forcément religieux, ressentent une douloureuse contradiction entre leur soif d’amour et de pureté et leur incapacité à réaliser leur idéal dans leur propre vie ou dans leur relation avec les autres personnes. Quelle est donc l’origine de ce mal insurmontable qui va contre la logique de notre bonheur ?

Confrontés à cette interrogation, beaucoup en ont conclu que le mal était inhérent à la société ou au « système ». Il peut être tentant effectivement de rendre la société responsable de tous nos maux, puisque cela nous déculpabilise en quelque sorte. Mais avons-nous véritablement résolu le problème du mal à sa racine en le localisant dans le monde extérieur ? Constatons que Jésus lui-même ne prit jamais l’attitude d’accuser la société en bloc. Il insista au contraire sur le fait que le mal résidait d’abord à l’intérieur de l’être humain : « Il n’est rien d’extérieur à l’être humain qui, pénétrant en lui, puisse le souiller, mais ce qui sort de l’être humain, voilà ce qui le souille… Car c’est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les desseins pervers : débauches, rapines, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, diffamation, orgueil, déraison. » (Mc 7.15-22)

Ce n’est pas en accusant la société ou en nous accusant mutuellement que nous serons libérés du poids du mal, mais en reconnaissant humblement le mal qui se trouve en chacun de nous. Par cette attitude d’humilité et d’accueil, nous ouvrons notre cœur au pardon de Dieu. Seul le pardon de Dieu a le pouvoir de nous purifier de nos contradictions.

Dieu, en tant que Père, aspire de tout Son Être à nous tirer de la déchéance, mais Il ne peut rien pour nous si nous-mêmes ne nous plaçons pas dans une position d’où recevoir Son amour. Dans nos prières, nous devons rencontrer l’idéal de pureté et de perfection que Dieu a pour nous, réaliser que nous sommes les porteurs de cette blessure originelle qui déchire Son cœur et verser les larmes sincères de repentir.

Pour prévenir, à ce point, certaines ambiguïtés, nous distinguerons clairement le repentir de l’auto-accusation. Nous n’avons pas à nous accuser à outrance pour le mal que nous avons commis, car le mal est un problème qui nous dépasse en tant qu’individus. Nous ne sommes pas personnellement coupables pour la contradiction fondamentale qui est en nous, car c’est au plus profond de l’être humain que le mal se trouve enraciné. Le mal prend sa source dans ce que l’on nomme traditionnellement péché originel dont l’humanité porte une responsabilité collective. Ce n’est donc pas seulement en tant qu’individus, mais également en tant que représentants de l’humanité dans son ensemble que nous devons demander à Dieu Son pardon pour notre histoire de péché. La réalisation de ce point est essentielle sur le plan de notre vie intérieure, car elle nous permet d’opérer spirituellement une franche séparation entre notre moi originel créé pur par Dieu et le péché qui vint se plaquer sur lui. Ainsi, prendre conscience du péché qui se trouve en nous n’est pas culpabilisateur, contrairement à ce que prétend la psychologie moderne, mais nous libère de la culpabilité.

Il est vrai que l’erreur de certains responsables de l’Église chrétienne dans le passé, qui adoptèrent une attitude de jugement au lieu d’une attitude de pardon, a créé beaucoup de ressentiments. Mais nous ne devons pas pour autant nous boucher les yeux en face de la réalité du péché. Bien comprise, la notion de péché est libératrice dans la mesure où elle nous rend conscients de la force intérieure qui nous aliène.

Une prise de conscience et de responsabilité par tous les êtres humains concernant la question du mal est indispensable, étant donné qu’un problème ne se résout pas quand on veut l’ignorer, mais quand on sait le dominer. Si nous n’avançons pas spirituellement vis-à-vis du mal, nous resterons toujours bloqués dans notre relation avec Dieu et dans notre vie humaine.

Nous n’avons pas non plus à vivre constamment dans la hantise du mal. Tout au contraire, le monde du mal se conquiert avec la joie intérieure et le pouvoir rayonnant que nous confère l’amour de Dieu. Si nous gardons foi en Dieu, il n’y a aucune peur à avoir face au pouvoir du mal, la peur étant précisément une caractéristique du monde du mal dont la foi en Dieu nous libère. La foi et la peur sont deux positions absolument incompatibles, au même titre que Dieu et le mal sont incompatibles.

 

Le prince de ce monde


 S’il existe réellement, comme nous l’avons vu, un monde spirituel, les forces du mal, qui sont des forces spirituelles, devraient logiquement s’y ressourcer plutôt que dans le monde matériel. C’est donc dans le monde spirituel que nous localiserons l’esprit du mal. Dans le même ordre d’idées, nous constaterons que tous les grands mystiques chrétiens ont assimilé le pouvoir du mal à un être spirituel ennemi de Dieu : Satan. Plus que quiconque, les mystiques ont exploré le monde de l’âme et perçu le travail intérieur des forces du bien et du mal. Il y a donc tout lieu de prendre réellement au sérieux leur témoignage. Jésus lui-même fit de fréquentes allusions aux méfaits du « Prince de ce monde » et la Bible mentionne l’existence personnelle de Satan dans plusieurs passages. Plutôt que de recourir à l’explication commode qu’il ne se trouve là qu’un « relent de superstition » ou un « mythe évocateur », il serait préférable de chercher à comprendre le fondement de cette croyance en l’existence d’un être ou d’êtres invisibles inspirant le mal.

Sans nous lancer ici dans une démonstration détaillée, nous nous bornerons à des constatations très simples. De même que l’on peut expérimenter à un niveau psychologique l’attirance qu’exercent les choses que l’on sait mauvaises et le sentiment de remords qui résulte du mal accompli, le témoignage des mystiques nous révèle que Satan se présente aux êtres humains avec un visage alternativement séducteur et accusateur. Ces deux réactions de séduction et d’accusation sont très clairement l’expression d’une volonté dirigée extérieure à nous. De toute évidence, elles ne proviennent pas de nous, car elles provoquent notre souffrance et nous n’avons aucun intérêt à ce que se perpétue en nous cette contradiction.

La logique de la démarche satanique auprès de l’être humain est d’ailleurs ici compréhensible. En premier lieu, l’action séductrice de Satan a pour objet d’opérer un attrait sur l’être humain dans le but de provoquer l’acte mauvais. L’acte mauvais constituera ensuite la base sur laquelle pourra s’exercer l’accusation de Satan. Sur cette base, Satan sera dans une position de domination sur l’être humain dont il tirera tout son pouvoir, se substituant finalement à Dieu. Pour cette raison, Jésus qualifia Satan de « Prince de ce monde ».

Ce qui précède est une nouvelle illustration de ce qu’est la part de responsabilité de l’être humain. Sans l’assentiment de l’être humain cristallisé dans un acte, aucune inspiration spirituelle, qu’elle provienne de Dieu, du monde spirituel ou de Satan, ne peut se concrétiser à travers lui. De même que l’idéal de Dieu pour l’être humain ne se réalise que sur le fondement du bien qu’il accomplit, Satan ne possède de pouvoir sur lui qu’à partir de ses actes mauvais. Ainsi, l’être humain n’est pas le simple jouet d’influences spirituelles, mais il détermine sa destinée par son pouvoir de choix.

L’accusation que Satan exerce sur l’être humain pécheur se manifeste par un sentiment de culpabilité qui le paralyse dans sa vie spirituelle et affective et fait obstacle au développement harmonieux de sa personnalité. L’accusation satanique provoque ainsi les frustrations, obsessions, inhibitions, angoisses et ressentiments qui sont à l’origine de tous les problèmes intérieurs humains. La seule manière de nous en libérer est de couper toute base d’accusation satanique, c’est-à-dire d’arracher le mal à la racine. Sachant que la source du mal réside dans l’acte qui, à l’origine, provoqua l’invasion de Satan dans l’existence de l’être humain, il nous faudra en découvrir la nature. Sur cette question, le message du Principe divin apporte un éclairage décisif.

 

Le processus de la chute de l’être humain


 Selon le Principe divin, l’acte qui introduisit le mal dans le cœur de l’être humain se rapporte nécessairement à l’amour, car l’emprise en lui du bien ou du mal dépend uniquement de la qualité et de l’intensité de l’amour qu’il peut donner. L’amour est le plus grand pouvoir qui agisse dans la vie de l’être humain. Le désir le plus fort qui l’habite est un désir d’amour. Or, il apparaît que ce désir d’amour a des effets que l’être humain ne parvient ni à contrôler, ni à expliquer. Source des plus grandes joies, l’amour est aussi la cause des plus profondes souffrances. Une telle contradiction liée à l’amour ne devait pas exister à l’origine. Nourris de l’amour de Dieu, tous les êtres humains devaient connaître une joie pure et éternelle. La contradiction n’apparaît dans le cœur de l’être humain qu’à partir de l’instant où une motivation impure s’introduit en lui et détourne son désir de la direction de Dieu. Le désir de l’être humain ne rencontrant plus le désir de Dieu, l’amour de Dieu cesse de trouver un prolongement en lui. La rupture d’avec Dieu est consommée quand l’être humain établit en l’absence de Dieu une relation exclusive avec l’objet de son désir. Finalement, privé de communication avec la source universelle de l’amour, qui est en Dieu, le cœur de l’être humain se dégrade, perd sa capacité de prodiguer l’amour, et se ferme au monde extérieur.

Ainsi, le principe originel d’ouverture à Dieu et au monde a été subtilement remplacé dans le cœur de l’être humain par un principe de repliement sur soi. C’est donc bien une déviation du désir d’amour qui est à l’origine de la chute de l’être humain. Pour provoquer la chute, cette perversion de l’amour devait se cristalliser dans un acte qui engage l’être humain dans la totalité de son être : esprit et corps, homme et femme. Cet acte ne peut être que l’acte même de la vie, l’acte par lequel l’être humain et la femme s’unissent en un. Bien des éléments tirés des Écritures, de l’histoire ou de notre simple vie quotidienne vont dans le sens de cette interprétation de la chute de l’être humain.

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La chute d’Adam et Ève et leur expulsion du paradis, fresque de Michel Ange, Chapelle Sixtine, Vatican.

La tradition biblique situe l’origine du mal et de la souffrance à l’épisode du jardin d’Éden dans la Genèse (Gn 2 et 3). Dans le récit biblique, le péché originel de l’être humain Adam et de la femme Ève est associé à l’acte de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal défendu par Dieu, sur l’instigation du serpent, symbole de Satan. Beaucoup de théologiens ainsi que de psychanalystes ont, sans forcément en mesurer les conséquences, cru percevoir là un symbole sexuel, assimilant la connaissance du bien et du mal à la connaissance sexuelle. Cette vue se trouve confirmée par la première réaction d’Adam et Ève après la chute, qui est de cacher leurs parties sexuelles. Effectivement, que ressent-on le besoin de cacher, sinon l’endroit qui a péché ? En conséquence, la chute de l’être humain serait liée à une mauvaise orientation de l’amour au niveau de la relation entre l’homme et la femme.

Un élément essentiel pour notre compréhension du processus de la chute de l’être humain est le rôle joué par le serpent qui en fut l’initiateur. Selon l’Ancien Testament, le serpent du jardin d’Éden serait l’archange Lucifer, c’est-à-dire, en faisant abstraction de la représentation qu’en donna le Moyen-Âge, un être qui vit dans le monde spirituel, mais n’a jamais expérimenté la vie sur terre. Les anges sont des êtres de condition inférieure aux êtres humains, ces derniers se tenant dans la position de seigneurs de la création. Le rôle des anges est de porter assistance aux êtres humains.

Refusant d’assumer son rôle de serviteur, l’archange du jardin d’Éden n’assista pas Adam et développa en revanche un désir de convoitise pour Ève. Se rapprochant d’elle, il la séduisit et ils s’unirent spirituellement. Une telle union transgressait totalement les principes naturels de la création de Dieu, car ce n’est pas de l’archange, mais d’Adam qu’Ève devait recevoir la connaissance de l’amour. Ève séduisit Adam à son tour, et c’est alors qu’envahis par le sentiment de culpabilité résultant de leur faute, ils connurent qu’ils étaient nus. La relation entre Adam et Ève s’effectua sans que Dieu n’eût rien à y voir, car ils n’étaient pas intérieurement mûrs pour une telle union. De plus, Ève avait reçu préalablement la souillure d’une liaison avec l’archange qu’elle communiqua à Adam en s’unissant à lui. Cette même souillure fut transmise aux enfants nés de leur union qui la retransmirent à leurs propres enfants. C’est ainsi que la faute de nos premiers ancêtres rejaillit sur leur descendance, entraînant la mort spirituelle de toute l’humanité.

À la suite de la chute de l’être humain, l’archange prit une position de pouvoir sur l’humanité. S’étant substitué à Dieu dans le rôle de sujet de l’amour vis-à-vis de l’être humain, l’archange se dressa dès lors comme Son ennemi mortel. Bien qu’ayant été créé initialement bon par Dieu, l’archange, par son attitude rebelle, devint un être foncièrement mauvais, que la Bible nomme « Satan » ou « le Prince de ce monde ».

À travers la chute, l’être humain, de filiation originellement divine, reçut la filiation satanique, selon les termes de Jésus : « Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. » (Jn 8.44) Tout en conservant sa nature originelle d’enfant de Dieu, l’être humain hérita de la nature arrogante et perverse de l’archange déchu. Déchiré entre ces deux tendances, l’être humain a vécu depuis lors une histoire de souffrance. De ce point de vue, la mission du Messie est de libérer le cœur de l’être humain du péché originel et de le restaurer dans sa position de véritable enfant de Dieu. Jésus vint de cette manière avec la mission du deuxième Adam devant racheter la faute du premier Adam.

 

Chute et idéal du couple


 Il y a dans la relation entre l’être humain et la femme un mystère qui, de tous temps, a profondément troublé les consciences. Il y a, d’une manière a priori inexplicable, une réaction de honte liée à la sexualité. Ainsi, nous constaterons que les êtres humains s’entourent de toutes sortes de précautions pour aborder le sujet de l’amour sexuel au cours d’une conversation, n’utilisant qu’une approche indirecte telle que, par exemple, l’ironie. Tout se passe comme si l’on se trouvait là en présence d’une bête fauve qui sommeille et que l’on n’ose trop provoquer de crainte qu’elle ne vous saute à la gorge. Il est également significatif que les perversions sexuelles provoquent chez les gens de conscience un sentiment de répulsion encore plus profond que n’importe quel crime. Toutes ces phobies et ces craintes proviennent des profondeurs de l’âme humaine, mais ni la religion ni la science n’en ont rendu compte de manière satisfaisante jusqu’ici.

La plupart des religions, constatant que l’amour sexuel déclenchait les passions humaines les plus formidables et les plus insoupçonnées, se le figurèrent comme une puissance maléfique, que l’être humain n’est pas en mesure de contrôler et dont il est préférable de se préserver. Dans cette perspective, de nombreuses religions choisirent d’imposer des règles de morale sexuelle relativement strictes à leurs fidèles, prescrivant parfois le célibat à leur clergé. Toutefois, seule une justification vague était donnée quant à la raison de telles décisions.

Dès lors, beaucoup de croyants, ne trouvant pas dans leur propre religion de réponse à leurs questions sur la sexualité, se tournèrent vers des disciplines telles que la psychanalyse dont malheureusement le point de vue est essentiellement matérialiste.

Il est intéressant de noter, à propos de psychanalyse, que l’interprétation du Principe divin de la chute de l’être humain trouve une sorte d’écho à rebours dans les théories freudiennes. Soulignant la fonction prépondérante dans l’inconscient de la pulsion sexuelle d’Eros, Freud mit en évidence le rapport qui lie le sentiment de culpabilité qui est à la base de tous les problèmes psychiques de l’être humain et la sexualité. En ce sens, l’analyse de Freud ne manque pas de perspicacité mais, étant donné que sa vision était étroitement matérialiste, il en tira des conclusions tout à fait contraires au point de vue qui nous est propre. Au lieu de concevoir l’origine du mal dans une mauvaise orientation du désir d’amour, Freud le conçut dans la répression par le monde extérieur des instincts sexuels. La psychologie freudienne donna lieu par la suite à toutes sortes de théories comme celle de Wilhelm Reich qui préconisait de donner libre cours à tous les instincts sexuels. De telles idées eurent sur notre époque une influence destructrice considérable et contribuèrent à un obscurcissement fatal de la conscience contemporaine.

La tendance actuelle à prendre à la légère les questions d’ordre sexuel peut conduire à un véritable désastre spirituel car, comme il a pu être observé à travers l’histoire, le relâchement des mœurs sexuelles est le premier facteur de déclin d’une civilisation. Si nous n’enrayons pas le phénomène actuel d’invasion dans tous les domaines de la sexualité, notre époque est le prélude à la plongée dans les ténèbres.

N’en concluons pas pour autant qu’il nous faille systématiquement assimiler au mal tout ce qui a trait au rapport entre l’homme et la femme. Notre vision doit être beaucoup plus large et ne pas se bloquer sur des détails d’ordre extérieur. D’une manière générale, toute manifestation extérieure isolée n’a pas de signification en soi, que ce soit en bien ou en mal. Seule la motivation intérieure qui inspire nos actes importe. Si elle part d’une motivation pure, l’union entre l’homme et la femme, dont procède la vie physique et spirituelle de l’enfant, est la chose la plus belle et la plus précieuse aux yeux de Dieu. En revanche, si la motivation de cette union est une motivation égoïste et avide, elle entraîne irrémédiablement les pires perversions.

Ce n’est qu’en considérant la conjonction entre l’idéal du couple et l’idéal de Dieu révélée par le Principe divin que nous trouverons une véritable réponse à nos questions concernant l’origine du mal. Selon le Principe divin l’accomplissement intégral de l’idéal de Dieu se produit à travers l’union entre l’homme et la femme centrés sur le but éternel et universel du couple. La chute s’est produite au sein du couple à ce niveau intérieur profond où la pure motivation d’amour de l’être humain se transforma en recherche de plaisir égocentrique. C’est ainsi qu’il y eut détournement de la possibilité d’accomplissement total de l’être humain à travers l’idéal du couple.

Le couple perd sa finalité universelle si chaque partenaire, au lieu de vouloir aider son conjoint à trouver son propre chemin d’achèvement, veut s’accaparer de ses qualités pour soi. À partir de là, toute possibilité d’accomplissement mutuel est fermée et l’amour du couple se dégrade. L’enfant qui naîtra d’une telle union subira les conséquences tragiques de cette dégénérescence de l’amour. Il ne lui sera pas communiqué, venant de ses parents, l’amour véritable qui lui permettrait de s’épanouir. L’on comprend dès lors que seule une dénaturation de l’idéal originel du couple pouvait entraîner l’humanité à se séparer de Dieu. Ainsi, partant d’une corruption originelle de l’amour à travers les premiers ancêtres de l’humanité, le mal a été transmis de génération en génération jusqu’à nous. Tel est le sens du péché originel dont aucune personne jusqu’à ce jour n’a pu par elle-même se défaire.

 

Le mal et la responsabilité de l’être humain


 Il est un problème fondamental que le christianisme traditionnel ne parvint jamais à élucider, décourageant ainsi énormément de personnes sincères à poursuivre leur quête de Dieu : pourquoi un Dieu d’amour et de toute-puissance autorisa-t-Il l’existence du mal et de la souffrance ? Que ne balaye-t-Il d’un souffle tous les maux dont souffre l’humanité, Lui qui, dans le pouvoir de Son amour, conçut le ciel, la terre et toutes les choses créées ?

Ce n’est qu’en réalisant profondément qui est Dieu et qui nous sommes par rapport à Dieu que nous résoudrons un tel dilemme. Soulignons tout d’abord que l’être humain a une position tout à fait à part dans la création de Dieu. À l’opposé des autres créatures qui se développent automatiquement suivant les principes de la création, l’être humain ne subit pas passivement la loi naturelle ; il est un être libre, créateur et responsable de sa propre croissance.

Dieu a confié à l’être humain, pour marquer sa qualification de Seigneur de la création, un pouvoir encore plus grand que celui des Principes : le pouvoir créateur de l’amour. La détention d’une telle responsabilité n’est pas sans conséquences dangereuses. Parce qu’il détient le pouvoir de l’amour, plus fort que celui des principes, l’être humain est en mesure de l’utiliser dans un sens contraire aux principes de Dieu.

C’est pour en éviter les effets dévastateurs que Dieu donna le commandement à l’homme et à la femme de « ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». En d’autres termes, le commandement de Dieu était une mise en garde visant à prévenir une violation de Ses principes par un mauvais usage de l’amour. Les désirs de l’être humain, avant qu’il ne parvienne au terme de sa croissance, ne reflètent effectivement pas d’une manière parfaite la volonté de Dieu. Il y a donc possibilité que ces désirs prennent la mauvaise orientation. Si l’être humain respecte le commandement de Dieu, cette possibilité est annulée. La responsabilité de l’être humain est, de ce fait, d’obéir au commandement de Dieu durant toute la période de sa croissance. Enfin, parvenu à l’état de perfection et d’union totale avec Dieu, l’être humain ne peut plus déchoir de sa position.

Ainsi, le véritable objet du commandement est d’amener l’être humain, par un choix librement consenti, à suivre la direction donnée par Dieu. Du fait de ce pouvoir de choix, Dieu ne put intervenir quand nos premiers ancêtres désobéirent à Son commandement. Une intervention de Dieu dans le processus de la chute aurait entraîné une remise en cause de la responsabilité et de la créativité de l’être humain.

En conclusion, c’est donc bien la responsabilité de l’être humain et non celle de Dieu qui est impliquée à l’origine du mal et de la souffrance. Il serait absurde que Dieu, dont la motivation est une motivation d’amour, ait provoqué Lui-même une telle situation de misère.

Si l’être humain ne remplit pas sa part de responsabilité, Dieu, de même qu’ll ne put enrayer le processus de la chute, ne pourra pas non plus le tirer de sa déchéance. Au lieu d’attendre passivement l’intervention de Dieu, il est essentiel que les êtres humains s’y préparent activement en rendant leurs cœurs disponibles à Son amour. Plus particulièrement, les êtres humains doivent réaliser que Dieu ne leur dispense pas Son amour pour qu’ils le monopolisent et se l’accaparent, mais pour qu’ils apprennent eux-mêmes à donner l’amour. L’amour de Dieu doit les traverser comme un courant d’eau pure sans ne Jamais trouver d’endroit où il s’abîme et meurt. Contrairement à cela, le cœur de l’être humain déchu est devenu un gouffre qui aspire tout à lui et anéantit l’amour. Aussi, l’on comprendra que Dieu ne puisse lui prodiguer inconsidérément Ses bénédictions. Il est important que l’être humain, pour les mériter, fasse l’apprentissage du véritable amour, purifier son cœur et recréer en lui la capacité de donner. Alors seulement la bénédiction de Dieu pourra-t-elle s’accomplir en l’être humain. « La bénédiction de Dieu est toujours une bénédiction sous forme de promesse. Dieu donne d’abord la promesse et ensuite la responsabilité. La bénédiction ne devient réalité qu’après l’accomplissement de la responsabilité. » (Sun Myung Moon).