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Troisième partie : La mission du Christ


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En dépit du témoignage des millions d’hommes et de femmes qui se réclament aujourd’hui de la religion chrétienne, nous gardons un sentiment indéfinissable d’inachèvement à considérer le décalage qui sépare le christianisme, tel qu’il est actuellement vécu, et la vision idéale qu’introduisit Jésus. Certes, la diffusion de l’Évangile eut un impact considérable sur l’histoire, mais où dans ce monde instable et cruel se trouve le Royaume dont Jésus fit le centre de son message et dont il proclama la venue ? La foi chrétienne est censée nous délivrer du pouvoir du mal, mais pourquoi le péché demeure-t-il pour les chrétiens un obstacle insurmontable : « Vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l’accomplir, puisque je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas » (Rm 7.18-19) ? Si aucun chrétien n’est en mesure de s’arracher à l’emprise du mal, quel est donc le sens du salut apporté par Jésus ?

Nous ne pourrons résoudre ces interrogations qu’à partir d’une compréhension de ce que Jésus vint accomplir voici 2000 ans.

 

Jésus et le peuple d’Israël


 Au début de son ministère, le contenu du message de Jésus se résumait à l’évocation en paraboles du Royaume de Dieu et à l’annonce de sa venue imminente. La lecture du Nouveau Testament nous révèle que, à l’origine, Jésus était persuadé que le temps du Jugement et de l’établissement final du Royaume de Dieu se situeraient de son vivant. C’est ainsi que Jésus sillonna inlassablement avec ses disciples les routes de Palestine en proclamant la Bonne Nouvelle : « Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est proche. » (Mc 1.15)

L’appel de Jésus s’adressait à toutes les nations, mais, avant de s’attacher à convertir le monde, Jésus se consacra essentiellement à toucher le peuple d’Israël, qui avait reçu de Dieu une préparation spéciale. D’après les termes qu’il employa à l’adresse de son peuple : « Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde », il est clair que, dans l’esprit de Jésus, le salut de l’humanité passait par Israël. En fait, aucun peuple mieux qu’Israël n’était habilité à recevoir la parole de l’Évangile qui vient comme le prolongement et l’accomplissement de la loi mosaïque. La responsabilité d’Israël était d’accueillir le Messie et de l’assister dans son travail d’édification du Royaume. Contrairement à l’opinion suivant laquelle le rejet de Jésus par le peuple d’Israël s’est déroulé conformément au plan établi par Dieu, la volonté de Dieu n’était pas que Son Fils soit désavoué, mais qu’il soit reconnu par Israël. Il serait inconcevable en effet que Dieu ait préparé le peuple d’Israël à travers les si longues et si cruelles souffrances de son histoire dans l’unique perspective de sa déchéance.

Cependant, Israël ne répondit pas à l’attente de Dieu et les Évangiles nous montrent un Jésus isolé, tragiquement rejeté par ses contemporains, incompris même par ses disciples. Plus d’une fois, Jésus laissa éclater sa frustration : « Gens de peu de foi, pourquoi faire en vous-mêmes cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ? Ne comprenez-vous pas encore ? » (Mt 16.8-9). « Serpents, engeances de vipères ! comment pourrez-vous échapper à la condamnation de la géhenne ? » (Mt 23.33). Bien que Jésus ait travaillé sans relâche à répandre partout son message, les personnes les plus sages et les plus préparées ne l’entendirent pas et Jésus fut contraint de s’adresser aux pécheurs, aux prostituées, aux publicains. Un changement réel devait intervenir en Israël, puis dans le monde, à partir de la prédication de Jésus, mais il fut mis au ban de la société, persécuté, molesté en public, par les responsables de la nation juive eux-mêmes. Dès lors, Jésus se trouva dans une situation telle qu’il lui était pratiquement impossible d’inciter Israël à le suivre. Alors que toutes les conditions historiques providentielles avaient été réunies pour l’avènement proche du Royaume, Jésus se retrouvait sans aucun soutien : « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la maison d’envoyer des ouvriers à sa moisson. » (Lc 10.2)

Le tournant de la mission publique de Jésus se situa sensiblement autour de la Transfiguration, c’est-à-dire quelques semaines seulement avant son entrée dans Jérusalem et sa mort sur la croix. C’est à dater de là que la prédication de Jésus prit une tout autre orientation. Cessant de mentionner le proche avènement du Royaume qui avait été jusque-là le thème central de son enseignement, Jésus se mit à évoquer, à la stupeur de ses disciples, sa mort et sa résurrection prochaines.

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C’est assurément autour de cette époque que Jésus, considérant l’échec d’Israël comme un fait irréversible, prit la décision de suivre le chemin de la croix. De même, visant à préparer ses disciples au futur travail de Dieu, Jésus leur prédit alors le retour du Fils de l’homme, dont il n’avait jamais été question auparavant, puisque tout devait normalement s’accomplir de son vivant à travers Israël. Ces mots poignants de Jésus pour un peuple qu’il aima jusqu’au bout laissent transparaître son chagrin et sa déception immenses : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes… et vous n’avez pas voulu ! » (Mt 23.37)

Finalement, lors de la marche sur Jérusalem l’on voit l’étau se resserrer implacablement autour de Jésus. Les autorités civiles et religieuses se liguèrent contre lui pour l’éliminer ; un de ses douze apôtres le trahit et le livra à ses bourreaux. Quelques heures avant sa mort, Jésus, sentant sa mission aboutir à une conclusion tragique, pria par trois fois cette prière : « Père, que cette coupe s’éloigne de moi ! » À ce même instant, symbole de la complète solitude de Jésus, dormaient à un jet de pierre ses disciples. À ce point où Jésus se retrouvait totalement isolé du monde, tout ce qui avait été accompli à travers lui pour le Royaume était rendu à néant. Déjà les ténèbres se refermaient sur un monde qui s’obstinait aveuglément à poursuivre sa course à l’encontre de Dieu… Alors, au plus profond de sa solitude, Jésus prononça ces simples paroles : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Par l’esprit d’absolu pardon que Jésus démontra à cet instant, l’amour de Dieu put être manifesté au monde. Déjà Dieu, sur le fondement du sacrifice de Jésus, préparait Sa nouvelle dispense de salut pour l’humanité.

 

La croix : volonté divine ou faute humaine ?


 En dépit du bénéfice qui en résultait pour les êtres humains, le sacrifice de la vie de Jésus ne correspondait pas au plan originel de Dieu. Tout devait initialement s’accomplir du vivant de Jésus à travers Israël. Jésus était parfaitement conscient de la volonté de Dieu à cet égard et c’est pourquoi il ne consentit à suivre le chemin de la croix qu’en toute dernière extrémité, ce que plusieurs points nous révèlent : l’effort qu’il poursuivit tout au long de son ministère pour sauver Israël, sa prière désespérée sur le mont des Oliviers – qui, provenant du Fils de Dieu, ne peut en aucun cas s’expliquer par une réaction de peur devant la mort – l’effroi et l’angoisse qui le gagnèrent à l’approche de la mort.

Toutefois, l’ultime recours de la mort sur la croix était devenu indispensable, car le peuple d’Israël n’avait pas su reconnaître en Jésus l’envoyé de Dieu. De plus, même ses propres disciples ne possédaient pas une foi absolue en lui, comme nous le dévoilent leurs réactions continuelles de réticence et d’incrédulité. Or, Jésus devait laisser au monde le témoignage de l’amour sans réserve de Dieu, chose impossible tant que cela n’a pas été signifié aux êtres humains en profondeur. Dès lors, pour que l’humanité ouvre enfin les yeux, Jésus choisit d’aller jusqu’au sacrifice total. Par là-même, Jésus se retrouvait dans la même situation que Dieu depuis les origines, isolé, rejeté, abandonné par l’humanité. L’agonie de Jésus sur la croix reflétait exactement l’agonie de Dieu à travers l’histoire où pas une seule personne ne se leva pour réconforter Son cœur blessé. À ce point, pour rendre entièrement inconditionnel le sacrifice de Jésus, Dieu voulut lui donner jusqu’au sentiment d’être abandonné par Lui : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ? » Par l’expérience de cet isolement suprême, Jésus s’unit totalement au cœur de Dieu, rendant ainsi manifeste l’amour de Dieu pour les hommes et leur apportant la preuve visible qu’il était bien Son envoyé.

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Le Calvaire

La compréhension que donnent le Principe divin de la vie et de la mort de Jésus Christ ne nie pas le bénéfice universel de son sacrifice. Pourtant, elle a donné lieu à de sévères critiques de la part de nombreux milieux chrétiens pour qui la méprise d’Israël et la mort de Jésus sur la croix sont l’expression absolue de la volonté divine. Une des principales objections ainsi émises à l’interprétation du Principe divin est que certains passages de l’Ancien Testament prophétisent la persécution de Jésus par Israël et même sa mort sur la croix.

Notre réponse à cela est qu’il se trouve en fait deux séries de prophéties contradictoires concernant Jésus dans l’Ancien Testament l’une prédisant la déchéance d’Israël et la souffrance de Jésus (cf. Is 53), l’autre une gloire éternelle pour Jésus et pour Israël : « Je ferai de toi un objet d’éternelle fierté, une source de joie d’âge en âge… » (Is 60.15). Cette apparente contradiction s’explique parfaitement si l’on tient compte de ce que Dieu ne prédestine pas la réponse de l’être humain à Son appel : la volonté de Dieu était de réaliser Son plan providentiel à travers Israël, mais il se pouvait fort bien que cela ne se passe pas ainsi. D’où les deux séries de prophéties contradictoires concernant la mission de Jésus.

Toutefois, si nous n’avons pas la connaissance révélée par le Principe divin de ce que le plan de Dieu ne peut s’accomplir sans la collaboration de l’être humain, mentionner un échec partiel au niveau de la mission de Jésus même sans en rendre responsable Jésus lui-même – risque de susciter la confusion dans les esprits et d’altérer le caractère absolu du message et de l’idéal chrétiens. Aussi, les rédacteurs du Nouveau Testament se préoccupèrent-ils justement de mettre en valeur l’aspect victorieux de la mission de Jésus. C’est uniquement par une lecture attentive de la Bible qu’il nous apparaît qu’en fait Jésus ne put proclamer l’ensemble de son message, ni réaliser entièrement sa mission : « Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je dirai les choses du Ciel ? » (Jn 3.12) Jusqu’à aujourd’hui, connaître les échecs qui entourèrent la mission de Jésus eut été une source d’ambiguïté et Dieu n’autorisa pas que ces choses soient révélées, pour permettre au christianisme de se développer dans les conditions les plus favorables.

Comme il y a 2000 ans Israël, le christianisme a de nos jours une mission centrale dans le plan de Dieu en préparation pour la venue du Messie. Le christianisme est le second Israël. Pour ne pas renouveler les erreurs tragiques du premier Israël, il est indispensable pour les chrétiens que tout soit mis en lumière autour de la mission de Jésus. D’où l’importance fondamentale du message prophétique du Principe divin.

Les chrétiens qui ont réalisé profondément l’idéal de Jésus dans leur propre vie sauront, en s’adressant à Dieu dans leurs prières, si le contenu du message du Principe divin provient de Lui ou non. Nous engageons chacun, sans vouloir imposer une réponse que Dieu seul est en mesure de procurer, à poursuivre aujourd’hui la plus ardente recherche en préparation pour le retour du Christ.

Déjà, nous constaterons que beaucoup de personnes, qui ont entrepris une réflexion nouvelle sur le sens profond du christianisme, ont retrouvé intuitivement certains des thèmes qui nous sont propres. Nous pourrions citer à cet effet un auteur possédant une aussi large audience au sein de l’Église catholique que Maurice Clavel : « Christ a visiblement changé d’idée en plein milieu de sa vie publique. Il semble qu’il ait voulu d’abord convertir Israël et le monde par Israël, peut-être sans sacrifice de soi… Israël n’est pas exclu par décret a priori. Il est même écrit dans les textes que tout aurait pu se faire avec son consentement. Mais cela ne s’est pas fait ainsi. Alors cela se fait autrement. En guise de « plan éternel », j’ose discerner de fortes chances que même la Résurrection et la croix soient improvisées. Et même réussies d’extrême justesse, dans leur enjeu doublé, porté à l’infini… » (Ce que je crois, Maurice Clavel)

 

Sens et limites du salut chrétien


 Un point essentiel dans le christianisme est la Résurrection, car sans la Résurrection le sacrifice de Jésus sur la croix serait sans objet. Comme le dit saint Paul : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. » (I Co 15.14) Ce que marque avant tout la Résurrection est le passage de la mort à la vie qui rend effective la victoire de Jésus sur les forces du mal. Beaucoup n’y voient qu’un aspect prodigieux, miraculeux. C’est là porter un regard extérieur sur la Résurrection. En fait, ce qui nous importe réellement dans la Résurrection est ce que Dieu a voulu nous manifester à travers elle à un niveau intérieur.

La Résurrection correspond à la reconnaissance de Jésus par Dieu comme Son vrai Fils, parce qu’il sut manifester Son amour en allant jusqu’au sacrifice de sa propre vie. Sur la base de son sacrifice, Dieu put sauver Jésus et le ressusciter. Ainsi, le sens intérieur de la Résurrection est que Dieu récompense celui qui se sacrifie totalement en lui prodiguant la Vie ; c’est aussi ce en quoi elle concerne non seulement Jésus, mais, à travers Jésus, chacun de nous. En effet, toute personne peut être également sauvée par Dieu dans la mesure où elle s’unit avec le Christ. Cette unité avec le Christ ne s’opère pas par une contemplation passive ou par un attachement sentimental à Jésus, mais en marchant sur ses traces au prix d’un engagement total de notre propre vie pour Dieu.

L’arme que donna Jésus à ses disciples pour vaincre le mal est le don total de soi par amour pour Dieu et pour l’humanité. Si nous vivons le message chrétien avec une telle exigence, nous connaîtrons au plus profond de notre cœur l’expérience de Dieu et de la libération du péché, signe de notre renaissance intérieure. C’est parce qu’ils ont tout donné à Dieu que les chrétiens martyrisés ou persécutés, pour qui porter sa croix ne représente pas un symbole, mais une réalité, développent une relation aussi intime et vivante avec Dieu. Ainsi, chaque chrétien a la responsabilité de témoigner face aux autres hommes que Dieu est amour par son aptitude à tous les sacrifices, suivant l’exemple de Jésus Christ.

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Le Christ lavant les pieds de Pierre, Ford Madox Brown (1821-1893)

Une parole de Jésus peut résumer tout le cheminement du chrétien : « Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. » (Mt 10.39) Le révérend Sun Myung Moon commente cette parole de Jésus en ces termes : « L’enseignement de Jésus Christ touchait le cœur même de cette vérité fondamentale. Plus vous donnez, plus vous recevez. Dieu récompense le don total de soi par l’expérience de l’amour total, le total sacrifice par la vie dans sa plénitude. En donnant, vous créez l’espace où vient pénétrer l’amour de Dieu. Plus ample en vous sera l’espace que vous créez au moyen de votre don et plus Dieu vous comblera de Son amour. »

Le salut chrétien est lié, bien plus qu’à une simple récompense dans l’au-delà, à la transformation intérieure que suscite l’entrée de Dieu dans la vie de l’être humain. Ce salut s’adresse à l’ensemble de l’humanité, puisque Dieu considère chaque personne sans exception comme Son enfant. Chaque fois qu’un chrétien se cantonne dans la satisfaction d’un salut borné à l’autre monde ou limité à quelques privilégiés élus par Dieu, il porte préjudice au christianisme en restreignant sa portée universelle.

Toutefois, malgré son application universelle, le salut chrétien connaît également ses limites en ce qu’il n’a pas le pouvoir d’opérer la complète libération de l’être humain des forces du mal : « Nous-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l’attente de la Rédemption de notre corps. » (Rm 8.23) Cette parole de saint Paul illustre exactement la position intermédiaire du chrétien : conservant dans son cœur la promesse du Royaume, il demeure impuissant à contenir la loi du péché. La vie du chrétien est remplie de telles contradictions qui lui sont inhérentes. Ce n’est que par une bonne compréhension de la mission de Jésus que nous serons capables de cerner la raison profonde de ces contradictions.

La mission première de Jésus était de réaliser de son vivant le fondement d’un Royaume non seulement céleste, mais aussi terrestre. Si cela avait pu être accompli, l’idéal de Dieu aurait embrassé l’humanité dans son ensemble et couvert tous les aspects de la vie, le pouvoir du mal aurait été éliminé et l’humanité aurait ainsi bénéficié d’une Rédemption totale. Malheureusement, Jésus fut arrêté dans sa mission sans avoir pu donner la vision globale du Royaume : « J’ai beaucoup de choses à vous dire encore, mais vous n’êtes pas capables de les porter. » (Jn 16.12) Jésus ne put rien léguer à l’humanité de visible qui concrétise le règne de Dieu sur la terre comme au ciel, mais seulement un chemin de libération intérieure pour se préparer au retour du Fils de l’homme et à l’avènement final du Royaume. La seule partie restaurée du monde visible, son propre corps, fut sacrifiée par Jésus comme offrande pour le salut de l’humanité. Ainsi, la voie ne fut pas ouverte par Jésus Christ pour restaurer les choses de la terre et le domaine du salut chrétien resta uniquement spirituel. Jésus précisa d’ailleurs lui-même avant de mourir que son Royaume n’était pas de ce monde.

En conséquence, l’être humain est demeuré la proie du péché dans sa dimension corporelle, ce qui signifie en pratique que, bien qu’il ait dans son esprit le désir de faire le bien, il n’a pas la capacité de l’accomplir concrètement à tous les niveaux de son existence : individuel, familial, social, national, etc. Parce qu’il y a une connaissance qui n’a pas été révélée par Jésus, les comportements humains ne sont jamais en accord total avec la volonté de Dieu. De cette manière, le pouvoir de corruption du péché pèse en permanence sur l’être humain et affecte toute sa vie spirituelle. D’où la relativité du salut chrétien : promis au salut, le chrétien aspire toujours à la délivrance ; possédant les prémices de l’Esprit, il gémit dans l’attente de la Rédemption du corps.

Le fait que le christianisme n’ait pas résolu le conflit entre l’esprit et la matière, s’exprime en particulier dans le déchirement que ressentent les chrétiens entre leur soif de vie intérieure et leurs aspirations à une transformation du monde. C’est ainsi que beaucoup de chrétiens ressentent aujourd’hui le besoin de se lancer dans l’action sociale, mais qu’ils éprouvent en même temps d’énormes difficultés à concilier leur engagement social et leur foi.

L’incapacité à surmonter les contradictions de l’âme et du corps, du spirituel et du temporel, est caractéristique d’une manière générale de la quête intérieure du chrétien et de l’évolution historique de l’Église. Le chrétien a toujours lutté contre la chair et l’Église pris ses distances vis-à-vis du monde sans ne jamais parvenir à une harmonisation. Néanmoins, au moyen d’une vision plus large de l’idéal de Dieu, nous devons réaliser que ces contradictions ne sont pas éternelles. Quand le Christ reviendra, l’idéal de Dieu s’instaurera universellement, un nouveau ciel et une nouvelle terre émergeront et le pouvoir du péché n’aura de prise ni sur l’âme, ni sur la chair des hommes et des femmes.

 

L’échec de la mission de Jean le Baptiste


 Une cause essentielle du rejet de Jésus par le peuple d’Israël remonte au tout début de son ministère. Cette cause est liée au rôle fondamental que tint le personnage de Jean le Baptiste. Pour en saisir le sens exact, il nous faut nous replacer dans le contexte d’Israël de cette époque. En ce temps-là, le peuple d’Israël était dans l’attente fervente de « Celui qui doit venir au nom du Seigneur ». Toutefois, les Israélites n’attendaient pas la venue du Messie avant le retour du prophète Élie qui, suivant la prédiction de Malachie, devait le précéder : « Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que n’arrive le jour de Dieu, grand et redoutable. » (Ml 4.5)

Quand les disciples de Jésus s’en allèrent à travers toute la Palestine, proclamant Jésus comme le Fils de Dieu, ils furent confrontés à la question :« Si votre Maître est le Fils de Dieu, où se trouve Élie ? Élie doit d’abord venir. » Embarrassés, ils vinrent trouver leur Maître à ce propos. Jésus leur révéla qu’en fait, Jean le Baptiste était l’Élie qui devait venir (Mt 17.10-13). Or, il est troublant de constater que Jean lui-même niait être Élie quand on l’interrogeait à ce propos (Jn 1.19-21).Dès lors, en présence d’une contradiction aussi flagrante, la question se pose : Jean le Baptiste fut-il véritablement à même de mener à bien sa mission ?

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Le baptême de Jésus par Jean le Baptiste, par Giotto (XIVe siècle)

Nous trouvons confirmation de notre doute au sujet de Jean le Baptiste dans l’épisode de l’Évangile où Jean, en prison, envoya deux de ses disciples demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11.3) L’interrogation de Jean nous révèle le conflit intérieur dont il fut sûrement la proie. Après avoir baptisé Jésus dans les eaux du Jourdain, il dut être pris de doute à son sujet. La réponse indirecte de Jésus nous laisse transparaître toute l’amertume que lui causait l’attitude hésitante et réservée de Jean le Baptiste : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient et les boiteux marchent… et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » (Mt 11.6)

Après le départ des disciples, Jésus expliqua à la foule comment Jean le Baptiste, « prophète et même plus qu’un prophète », était celui dont il est écrit : « Voici que moi j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. » (Mt 11.10). Le rôle de Jean le Baptiste était absolument vital dans le plan de Dieu. Jean le Baptiste était l’aboutissement de tout le travail de préparation accompli par Israël pour la venue du Messie : « Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi ont mené leurs prophéties jusqu’à Jean. » (Mt 11.13). Sa mission était de porter un témoignage direct au Messie et c’est ce qu’il fit effectivement sur l’inspiration de l’Esprit-Saint. Mais n’est-il pas logique de penser qu’après avoir reconnu le Fils de Dieu, Jean aurait dû abandonner son travail de préparation désormais achevé et témoigner activement aux côtés de Jésus ? De même, n’aurait-il pas dû amener l’ensemble de ses disciples à Jésus ? Au lieu de cela, que voyons-nous? Jean et Jésus baptiser séparément dans les eaux du Jourdain et une sourde rivalité s’établir entre leurs disciples : « Il s’éleva alors une discussion entre les disciples de Jean et un Juif à propos de purification : ils vinrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous viennent à lui ! » » (Jn 3.25)

Ainsi, tout concorde à nous montrer que Jean le Baptiste ne se porta pas spontanément à la suite de Jésus malgré la vision qu’il avait reçue de Dieu. Accueillie avec l’attitude du doute, la révélation apparaît effectivement comme un songe et perd tout pouvoir de conviction.

En réalité, il était extrêmement difficile pour Jean de reconnaître Jésus comme le Messie. Jésus, qui était le propre cousin de Jean, ne s’était fait remarquer jusque-là par aucun accomplissement, alors que Jean le Baptiste s’était déjà imposé, au même âge que Jésus, comme un personnage que l’on respectait et redoutait à travers toute la Palestine. Jean, de plus, comme tous les Juifs attendait sans aucun doute un Messie descendant des cieux dans toute sa gloire. Or, voici qu’il surgissait de la manière la plus humble et la plus inattendue en la personne d’un de ses proches parents, qu’il avait côtoyé depuis son enfance sans ne jamais se douter de sa véritable identité. Assurément, il y avait là une très grande épreuve de foi et d’humilité pour Jean, qu’il ne surmonta pas, et c’est là que se croisèrent les routes de Jean et de Jésus. Poursuivant un chemin séparé de celui de Jésus, Jean le Baptiste périt misérablement dans les prisons d’Hérode.

À cause de cet échec, Jean le Baptiste, dont la position spirituelle était la plus élevée en Israël, se mit à l’écart du Royaume que Jésus était venu pour établir : « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. » (Mt 11.11) L’erreur de Jean compromit gravement la mission de Jésus qui était de réaliser le Royaume à partir d’Israël : « Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le Royaume des Cieux souffre violence et des violents s’en emparent. » (Mt 11.12)

La défaillance de Jean fit de Jésus un personnage qui n’était pas crédible aux yeux de la société juive. Mis dans une position aussi délicate, Jésus ne put convaincre les responsables religieux de son époque qui avaient été les premiers préparés par Dieu pour l’accueillir, mais le rejetèrent, tels les riches du banquet déclinant l’invitation du Roi. Désavoué par les dirigeants juifs, qui contrôlaient totalement la vie religieuse de la population, Jésus ne put gagner Israël à sa cause.

L’histoire de Jean le Baptiste revêt pour notre époque une signification profonde, car la question peut se poser aujourd’hui pour nous exactement comme elle se posa il y a 2000 ans pour les Juifs contemporains de Jésus : quand le Christ reviendra, serons-nous en mesure de le reconnaître au milieu de nous ?

 

Qui est le Christ ?


 Plus encore que dans n’importe quelle religion, tout dans le christianisme gravite autour de la personne de son fondateur. L’union mystique à Dieu n’y est concevable qu’à travers Jésus Christ dont la mission est de sauver toute l’humanité. Par là-même, Jésus semble déjà ne plus appartenir à notre monde humain, d’autant plus que sa vie ne recèle aucune trace de faiblesse ou d’imperfection. Nous ressentons entre Jésus et nous la même distance qu’entre le ciel et la terre. Dès lors, comment Jésus ne pourrait-il être qu’une personne semblable à nous ?

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Les premiers chrétiens se trouvèrent confrontés à cette question qui met en cause le fondement même de leur foi. Aussi l’Église primitive fut-elle amenée à préciser ses vues à ce sujet. Plusieurs idées se firent jour alors au sein de l’Église et en particulier l’idée que Jésus était Dieu Lui-même. La multiplicité des doctrines concernant la nature de Jésus donna lieu durant les premiers siècles à toute une série de controverses, dont la fameuse querelle arienne au début du quatrième siècle.

Ce ne fut qu’au Concile de Nicée réuni pour mettre fin à la question arienne en 325 qu’il fut pour la première fois proclamé catégoriquement que Jésus le Fils, était Dieu Lui-même, sur un plan d’égalité avec le Père et le Saint-Esprit. Le Credo de Nicée s’imposa finalement comme la doctrine officielle de l’Église. Il en résulta que de nos jours la plupart des confessions chrétiennes admettent la divinité de Jésus comme un dogme sur lequel il n’y a pas à revenir. Toutefois, dans le souci de rester fidèle au message chrétien originel, nous devons examiner sans préjugés le fondement historique et scriptural pour cette assimilation directe de Jésus Christ à Dieu.

Nous noterons tout d’abord que Jésus lui-même, bien qu’ayant mentionné à plusieurs reprises sa filiation divine, ne s’est jamais proclamé Dieu en personne. En fait, l’identité de Jésus reste comme entourée de mystère pour ceux qui l’approchèrent de son vivant. À lire les Évangiles, il apparaît que ses plus proches disciples ne surent jamais qui était réellement Jésus, comme nous l’indique par exemple leur réaction d’étonnement quand Jésus apaisa la tempête : « Quel est donc cet homme, que même les vents et la mer lui obéissent ? » (Mt 8.27)

Un examen global des Écritures nous révèle que la divinité de Jésus n’y est jamais proclamée comme un thème central du christianisme. Les Évangiles synoptiques, reconnus comme nous procurant l’image la plus fidèle de ce que fut la réalité historique de la vie de Jésus, et l’œuvre de Saint Paul font fréquemment référence à Jésus comme Messie, Fils de Dieu, Sauveur de tous les hommes ou Incarnation du Verbe, si bien que l’équivoque sur ces points n’est plus possible, mais ne le mentionnent jamais explicitement comme Dieu en personne.

Par contre, il se trouve un petit nombre de passages – de l’ordre de quatre ou cinq – dans d’autres parties du Nouveau Testament qui suggèrent apparemment la divinité de Jésus. Le plus franchement caractéristique est cette apostrophe dans la deuxième épître de Pierre : « Notre Dieu et sauveur Jésus Christ… » (2 P 1.1). En fait, nous ne tenons pas dans ces rares passages la preuve scripturale formelle que Jésus est Dieu ontologiquement parlant. Effectivement, certains passages bibliques disent de Jésus qu’il est la vérité et la vie, sans que nous ayons à assimiler absolument la vérité et la vie à la personne de Jésus Christ. De même, l’Ancien Testament n’a pas à être pris au pied de la lettre quand il affirme que les hommes sont des dieux.

En revanche, la nature humaine de Jésus est clairement certifiée par l’ensemble des textes du Nouveau Testament : « Car la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. » (I Co 15.21) « Car Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même. » (I Tm 2.5)

Le problème qui se pose à nous est qu’en insistant simplement sur la condition humaine de Jésus, nous ne rendons pas compte de sa position de Messie. Il y a là un dilemme que les Églises établies crurent avoir résolu en faisant de Jésus un être qui serait à la fois Dieu et homme. Mais une telle interprétation est-elle vraiment en mesure de satisfaire notre besoin de compréhension ? Tout le problème se ramène à savoir ce que nous entendons par Dieu et ce que nous entendons par homme ; et c’est à la claire définition de Dieu et de l’être humain, donnée par le Principe divin que nous nous référerons ici une fois de plus.

Selon le Principe divin, lorsque Dieu créa l’être humain, Son plan était de réaliser le Royaume à travers l’homme et la femme, Adam et Ève, qui auraient dû entièrement s’unir à Sa volonté, atteignant ainsi leur perfection. Ainsi, les premiers ancêtres de l’humanité auraient engendré des enfants de pure lignée céleste et l’idéal des Vrais Parents et de la Vraie Famille, fondement du Royaume, aurait été établi dès l’origine. L’idéal des Vrais Parents représente le cœur du travail de Dieu, car ce n’est que par la médiation des Vrais Parents entre Dieu et lui que l’enfant a la possibilité de recevoir la vie et l’amour de Dieu. Mais, à la suite de la chute, l’idéal originel des Vrais Parents ne put se réaliser et une humanité de lignée satanique se développa, chargée du péché originel et ignorante de Dieu.

Comme Dieu ne peut assurer automatiquement le salut des êtres humains sans leur collaboration, un homme doit prendre la responsabilité pour le péché de toute l’humanité. C’est là le rôle du Messie. « Comme en effet par la désobéissance d’un seul homme, la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul, la multitude sera-t-elle constituée juste. » (Rm 5.19) Par conséquent, le Messie doit venir en tant qu’homme dans le but de sauver toute l’humanité. Pour que naisse un tel homme, Dieu travailla à purifier une lignée au sein de la race d’Israël. C’est ainsi que, dans des conditions extraordinaires qui permirent une intervention directe de Dieu, Jésus put naître libre du péché originel. La venue au monde en esprit et en chair de Jésus Christ pour sauver tous les hommes et les femmes en esprit et en chair, constitua un véritable événement cosmique. Pour la première fois dans l’histoire de la providence, un homme, ayant remporté la victoire totale sur le péché et surmonté toutes les tentations de Satan, était élevé à la position de Fils de Dieu que le premier Adam n’avait pu assumer. Ainsi, Jésus est l’Adam parfait, l’image vivante du Père, en union totale avec Lui : « Qui m’a vu a vu le Père… Je suis dans le Père et le Père est en moi. » (Jn 14.9-10) À travers Jésus Christ, notre nature originelle est pleinement révélée, et par là-même, la volonté de Dieu pour l’être humain. C’est en ce sens que Jésus Christ est l’Incarnation du Verbe et que notre salut passe à travers lui.

Rien de tout cela ne fait de Jésus le Créateur de l’être humain et de l’univers. Les passages bibliques suivant lesquels « le monde fut par lui » (Jn 1.10) et qu’ « avant qu’Abraham ne fut, je suis » (Jn 8.58), ne doivent pas être pris littéralement. Leur signification réelle est que Dieu porte en Lui depuis l’origine l’image de l’Adam parfait, mais que jamais avant la venue de Jésus cette image n’avait trouvé à s’incarner. En réalité, la mission cosmique du Christ va au-delà de la personne de Jésus. L’être humain a, dans le cosmos, une position centrale et créatrice. C’est en ce sens que la recréation de l’être humain et de l’univers se fait à travers Jésus Christ homme, mais sans pour le moins qu’il nous faille assimiler Jésus à Dieu Lui-même.

 

Dieu le Père et l’idéal des Vrais Parents


 Jésus nous donna la méthode pour établir dans notre cœur une relation profonde avec Dieu : nous devons nous adresser à Lui dans nos prières comme à un Père : « Retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret. » (Mt 6.6)

Tout en suivant le conseil de Jésus, nous éprouvons toutefois des difficultés à établir une communication immédiate avec le Dieu invisible et nous trouvons, par comparaison, plus aisé d’engager une relation avec le Fils, manifestation visible du Père. La mission de Jésus étant d’assumer la médiation entre Dieu et les hommes, il est naturel que nous nous sentions d’abord attirés vers lui. Le danger serait que, dans notre désir de nous rapprocher de Dieu par un côté humain et visible, nous ne fassions de Jésus l’aboutissement de notre cheminement vers Dieu, alors que le rôle de Jésus est, non pas de se substituer au Père, mais de canaliser notre élan vers Lui. Trop souvent nous ne résistons pas à la tentation d’idolâtrer le Christ, créant ainsi une grande confusion dans notre rapport avec le Père.

La seule chose qui importe au niveau de notre relation avec Dieu est de réaliser ce qu’Il a voulu nous manifester à travers Jésus Christ et non pas de nous complaire dans la contemplation d’une image. Jésus Christ ne doit pas devenir une nouvelle idole pour nous mais il est essentiel que nous l’accueillons dans notre propre vie, pour, à partir de notre relation avec lui, développer une relation personnelle avec Dieu.

L’importance de Jésus est qu’il nous révèle la relation Père-Fils telle qu’elle devait exister entre Dieu et l’être humain. C’est en réalisant la profondeur de la relation qui lie le Père au Fils que nous connaîtrons Dieu. L’unique raison pour laquelle nous n’avons pu, après 2000 ans de christianisme, développer que si faiblement notre relation personnelle avec Dieu est que notre compréhension du rapport entre Jésus et le Père n’a pas été claire.

Réaliser dans notre cœur la relation d’enfant à Père qui nous lie à Dieu est le point de départ de notre vie de foi. Cette position est très décriée de nos jours où l’on tend à réduire la notion de Père à une « projection mythique » tout au plus valable pour les Juifs incultes du temps de Jésus, mais aujourd’hui dépassée, niant ainsi toute possibilité d’une relation personnelle avec Dieu. L’argument utilisé ici est que ramener la relation Dieu-être humain à un rapport Parent-enfant serait projeter Dieu à l’image de l’être humain.

En fait, le problème se situe exactement à l’opposé. La relation parent-enfant, qui est le lien le plus profond qui unisse des êtres au niveau humain, n’est que la projection du rapport Dieu-être humain. Elle est le fondement même du Royaume. C’est ainsi qu’à l’origine, Dieu avait prévu, non pas la médiation d’un Sauveur dans un monde qui n’avait pas besoin de salut, mais la médiation des Vrais Parents. C’est à travers les Vrais Parents que Dieu le Père devait pleinement Se révéler à l’humanité.

Du fait de l’échec des premiers parents, Dieu dut envoyer le deuxième Adam, Jésus. Toutefois, Jésus, uni à la volonté du Père, mais ayant dû sacrifier son corps charnel, ne put réaliser l’idéal de l’Adam parfait que sur un plan spirituel. Le Saint-Esprit, d’autre part, représentant l’aspect maternel du cœur de Dieu, se situe dans la position d’Ève au niveau spirituel. L’on a souvent souligné le côté féminin du Saint-Esprit qui vient conforter, inspirer et guider vers Dieu les hommes et les femmes, tout comme une mère qui éduquerait ses enfants. Jésus et le Saint-Esprit, dans la position de Vrais Parents spirituels pour toute l’humanité, sont deux manifestations complémentaires de l’Esprit de Dieu, formant une trinité avec le Père ; c’est à travers eux que le chrétien est en mesure de percevoir Dieu.

Pour que l’idéal de Dieu s’incarne finalement dans l’être humain en esprit et en chair, le Fils de l’homme dont Jésus prophétise la venue, doit obligatoirement revenir à la fois physiquement et spirituellement. Sa mission sera de compléter, dans la position de Messie, la mission inachevée de Jésus. Un en esprit avec Jésus, il ne sera pas Jésus lui-même toutefois, mais un autre homme.

L’accomplissement essentiel du Messie lors de sa seconde venue sera de reconstituer l’idéal originel des Vrais Parents en prenant dans la position d’Adam parfait une épouse dont le rôle sera de restaurer la position d’Ève. L’avènement des Vrais Parents marquera le point de départ d’une nouvelle lignée céleste libre du péché originel. À travers les Vrais Parents, pourra s’opérer la Rédemption de la chair et la purification de toute notre personnalité, mettant un terme à notre histoire de péché. Finalement, centré sur les Vrais Parents, le Royaume de Dieu sera instauré, ouvrant sur une éternité de joie et d’amour.